Dans une société qui valorise le contrôle de tous les moments de l’existence, la maladie grave confronte à une tension essentielle : celle entre maîtrise et confiance. Ces deux notions, au cœur des soins palliatifs, sont à la fois distinctes et indissociables.
Les patients expriment souvent un besoin de maîtrise concernant la douleur, les symptômes, les décisions, le lieu et les modalités de leur fin de vie ; cette aspiration est légitime. Elle traduit le désir de demeurer acteur de sa propre histoire alors même que la maladie vient restreindre les possibles. Le discours contemporain tend d’ailleurs à promouvoir la maîtrise comme façon privilégiée de répondre à la souffrance : médicaliser, techniciser, protocoliser voire devancer ou précipiter la mort seraient les garanties d’une fin de vie digne.
Pourtant, l’accompagnement en soins palliatifs montre les limites d’une telle logique. Il est des dimensions de l’existence qui ne se laissent pas entièrement maîtriser. Là, se révèle une autre voie : celle de la confiance. Faire confiance à l’autre et aussi en ce qui peut advenir produit une autre forme d’apaisement moins fondée sur le contrôle que sur la relation et la présence.
Maîtrise et confiance ne s’opposent pas : elles se répondent et se soutiennent.
La maîtrise technique et organisationnelle rend possible la confiance. La confiance, en retour, permet de traverser ce qui échappe à toute maîtrise.
Penser cette articulation, c’est interroger le sens même des soins palliatifs. Comment accompagner sans promettre l’impossible ? Comment sécuriser sans enfermer ? Comment s’appuyer sur la technique sans qu’elle devienne une finalité ? Comment tenir ensemble pouvoir d’agir et incertitude ?
Nous vous invitons à contribuer à cette réflexion par vos propositions de communication et nous nous réjouissons de vous accueillir nombreux dans notre belle ville méditerranéenne.
Michelle RUSTICHELLI Jérôme ALRIC, Dr Olivier MAILLÉ
Présidente Groupe Organisation Présidents Groupe Scientifique
- 5467 vues